Un doute s’est installé, ou une certitude vient de tomber : la personne avec qui vous échangiez n’était pas celle que vous croyiez. Un sentiment de vertige est normal. Avant toute chose, respirez : il existe des démarches claires, et vous n’avez pas à les affronter seul.
Cet article les met dans l’ordre. Vous pouvez le lire d’une traite, puis y revenir étape par étape. Aucune de ces démarches ne demande de savoir manier internet : un stylo, un téléphone et un peu de patience suffisent.
Que faire dans les premières heures ?
La priorité est de couper le lien et de protéger ce qui peut l’être encore.
- Cessez de répondre. Ne cherchez pas à confronter la personne, ni à obtenir des explications. Elle n’en fournira pas, et chaque échange peut devenir une nouvelle occasion de pression.
- N’effacez rien. Messages, photos, noms, numéros, captures d’écran, relevés bancaires : tout ce qui existe peut servir.
- Ne versez rien de plus, même si l’on vous promet de tout rembourser contre un dernier effort.
- Prévenez une personne de confiance. Elle ne vous jugera pas, et elle pourra vous aider à tenir les étapes qui suivent.
Comment protéger ses comptes ?
Appelez votre banque, au numéro officiel qui figure sur vos relevés ou sur votre carte. Expliquez calmement ce qui s’est passé. Selon les cas, elle pourra faire opposition à une carte, surveiller votre compte, vous conseiller sur les opérations déjà réalisées. Plus vous la prévenez tôt, plus elle a de marge pour agir, même si aucun résultat ne peut être promis.
Si l’on a obtenu un accès à votre ordinateur, à votre messagerie ou à vos comptes, changez vos mots de passe depuis un appareil sûr. Notre article sur l’adresse mail et le mot de passe vous montre comment faire sans vous compliquer la vie. Un proche peut rester près de vous pour la manipulation : se faire aider sans perdre sa vie privée en donne le mode d’emploi.
À retenir : la banque, les preuves et le dépôt de plainte forment le trio de départ. Le reste vient ensuite, à votre rythme.
Comment constituer son dossier ?
Un dossier simple vous fera gagner du temps devant les services concernés. Rassemblez, dans une pochette ou un dossier sur l’ordinateur :
- les captures d’écran des conversations, avec les dates si possible ;
- le pseudo, l’adresse du profil, les photos utilisées ;
- les relevés bancaires ou les justificatifs des versements ;
- les adresses mail, les numéros de téléphone, les liens reçus ;
- un court récit chronologique écrit de votre main : qui, quand, comment.
Pas de panique si certains éléments manquent. Les enquêteurs travaillent avec ce qu’il y a.
Peut-on se faire aider pour le rassembler ?
Oui, et c’est souvent une bonne idée. Un enfant, une amie, un voisin peut trier avec vous, sans être obligé de tout lire. Précisez-lui ce que vous souhaitez partager. Vous restez maître de ce qui est dit et de ce qui est tu.
Où déposer plainte, et à qui signaler ?
Rendez-vous à la gendarmerie ou au commissariat de votre secteur, avec votre dossier et une pièce d’identité. Dites simplement : « Je viens déposer plainte pour une escroquerie commise sur internet. » Les agents ont l’habitude de ces situations, et ils vous écoutent sans commentaire. En cas d’urgence ou de menace, le 17 est joignable à tout moment.
D’autres démarches se complètent utilement :
- la plateforme internet-signalement.gouv.fr, pour signaler un contenu, un site ou un profil ;
- le 33700, pour transférer les SMS frauduleux reçus ;
- Info Escroqueries au 0 805 805 817, qui renseigne et oriente les victimes ;
- cybermalveillance.gouv.fr, qui propose un parcours pour comprendre ce qui s’est passé et à qui s’adresser.
Pensez aussi à signaler le profil au site où vous avez rencontré la personne. Notre article signaler un profil suspect explique comment s’y prendre.
Que se passe-t-il ensuite ?
Après le dépôt de plainte, vous recevez un récépissé. Gardez-le précieusement. La suite relève des services de police, de gendarmerie et de la justice, et le temps que cela prend dépend de chaque dossier. Il serait malhonnête de vous promettre un retour d’argent : c’est parfois possible, parfois non. Ce qui compte, c’est que votre plainte soit enregistrée et que d’autres personnes soient protégées par votre signalement.
Si l’on vous recontacte, que ce soit la même personne sous un autre nom ou un tiers qui vous propose de « récupérer » votre argent contre rémunération, sachez que c’est un classique. Notre article sur le faux conseiller bancaire décrit une suite fréquente de ces histoires.
Et le moral dans tout cela ?
Au-delà de l’argent, il y a la blessure. Avoir cru à une relation puis découvert qu’elle était fausse peut peser lourd, et c’est une peine bien réelle, au même titre qu’une déception de la vie. Vous n’avez rien à vous reprocher : ces histoires sont organisées par des personnes dont c’est l’activité, et elles savent toucher les sentiments les plus honorables.
Prenez soin de vous. Marchez, voyez du monde, rendez visite à ceux que vous aimez. Si le poids ne s’allège pas, parlez-en à votre médecin traitant : il saura vous écouter et vous orienter. Lisez aussi sortir de la honte après une arnaque, qui vous accompagne sur ce terrain-là.
Votre prochaine étape
Choisissez dès aujourd’hui un seul geste : appeler votre banque, ou ouvrir un dossier pour y glisser les premières captures d’écran. Un geste suffit pour commencer. Les autres suivront, un par un, dans les jours qui viennent.
Et quand vous vous sentirez prêt, rien ne vous interdit de reprendre le cours de vos rencontres, avec quelques réflexes en plus et un site de rencontre senior choisi avec soin.
Vous avez fait ce qu’il fallait en cherchant de l’aide : c’est le premier pas, et c’est le plus utile.



