Vous y pensez de temps en temps, puis vous repoussez l’idée. Il est trop tôt, ou trop tard, ou « à mon âge, quand même ». La vérité, c’est que personne ne peut vous dire à votre place si vous êtes prêt.
On peut en revanche s’aider de quelques repères, comme on s’aide d’un vieux plan avant de partir en promenade. Prenons le temps de les regarder.
Y a-t-il une bonne date pour se sentir prêt ?
Non. Certains lecteurs se sentent disposés après quelques mois, d’autres seulement après de longues années, d’autres encore ne le seront jamais, et c’est aussi une réponse respectable. Les amis, les enfants, les voisins ont chacun leur avis, mais ils ne vivent pas votre maison ni vos soirées.
Ce qui compte, c’est l’écart entre ce que vous ressentez aujourd’hui et ce que vous ressentiez il y a un an. Si quelque chose a bougé, même un peu, c’est déjà une indication.
Quelles questions se poser pour y voir clair ?
Prenez un moment calme, avec une tasse de café, et répondez-vous franchement. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, seulement la vôtre.
- Quand je pense à partager une promenade ou un repas avec quelqu’un, est-ce que cela me réjouit, ou est-ce que cela me pèse ?
- Puis-je parler de la personne que j’ai perdue, ou de mon ancien couple, sans que la gorge se noue à chaque phrase ?
- Est-ce que je cherche une présence pour elle-même, ou un moyen de combler un vide quelconque à tout prix ?
- Ai-je retrouvé de l’intérêt pour mes propres activités ?
- Suis-je en paix avec l’idée que cela puisse ne mener à rien de durable ?
Si vous répondez oui à plusieurs de ces questions, vous êtes probablement plus près du but que vous ne le croyez. Si les réponses vous embrouillent, laissez la liste de côté quelques semaines et reprenez-la plus tard.
Faut-il être « guéri » de son chagrin ?
Non. On n’est pas guéri d’une vie commune de nombreuses années, que la séparation vienne d’un décès ou d’un divorce. On apprend à porter ce souvenir autrement. On peut très bien être attentif à quelqu’un de nouveau et penser encore, certains soirs, à celle qui n’est plus là. Ces deux mouvements ne s’excluent pas, et notre article deuil et envie de rencontrer y revient avec plus de détails.
À retenir : être prêt ne veut pas dire ne plus avoir de peine. Cela veut dire avoir un peu de place, et un peu de curiosité, pour quelqu’un d’autre.
Quels signes disent que ce n’est pas encore le moment ?
Il y en a quelques-uns, que l’on peut nommer sans dramatiser. Si vous cherchez avant tout quelqu’un qui ressemble trait pour trait à votre épouse disparue, ou à l’inverse quelqu’un qui fera oublier une rupture récente, vous risquez d’être déçu avant même de commencer. Si le moindre échange vous laisse épuisé ou en larmes, un temps de repos serait sans doute plus utile.
Si, de plus, vous vous sentez poussé par un entourage pressé de vous voir « casé », vous avez le droit de dire non. L’envie doit venir de vous. Prendre une pause ne vous fait pas perdre une occasion : les rencontres ne s’épuisent pas, et rien ne presse.
Si le chagrin reste très présent ou vous empêche de dormir et de manger normalement, parlez-en à votre médecin traitant. Il saura vous orienter, et c’est une démarche courante.
Prêt, mais pas pour la même chose ?
Il arrive que l’on soit prêt à partager des moments, sans vouloir revivre en couple. Ou prêt à une grande amitié, mais pas à une histoire d’amour. C’est une nuance qui mérite d’être éclaircie avant de se lancer, parce qu’elle change la manière de se présenter et de choisir où l’on cherche. Notre article envie de compagnie ou envie d’amour vous aidera à y voir plus clair.
De même, certains souhaitent seulement sortir de chez eux, rencontrer du monde, élargir leur cercle. Ce sont des raisons tout à fait valables, qui n’obligent à rien d’autre. Un club, un atelier, une sortie en groupe y répondent très bien, et la rubrique où rencontrer quelqu’un après 60 ans en fait le tour.
Et si vous n’êtes pas sûr du tout ?
C’est le cas le plus fréquent. On peut alors avancer à tout petits pas, sans rien décider. Accepter une invitation que l’on aurait déclinée. S’inscrire à une activité par curiosité. Discuter plus longuement avec la voisine ou le libraire. Ces gestes sont modestes et vous donnent une idée de votre état d’esprit.
Votre corps et votre humeur vous répondent assez vite. Après une sortie, êtes-vous plus léger ou plus las ? Après une conversation, avez-vous envie de recommencer ? Ces petites informations valent mieux que mille réflexions dans le fauteuil.
Comment en parler à ses proches ?
Vous n’avez rien à annoncer tant que vous n’êtes pas décidé. Mais si vous avez envie de confier votre réflexion à un ami de confiance, ou à l’un de vos enfants, choisissez quelqu’un qui sait écouter plutôt que conseiller. Dites simplement : « Je réfléchis, je ne sais pas encore, j’avais envie de vous le dire. » Une phrase suffit pour ouvrir la conversation, sans promettre quoi que ce soit.
Si vos enfants sont surpris ou inquiets, rien ne presse non plus. Notre article dire à ses enfants que l’on se sent seul propose des mots simples pour commencer.
Votre prochaine étape
Ce soir, écrivez sur une feuille une seule phrase qui commence par : « Si je rencontrais quelqu’un, j’aimerais surtout que… ». Gardez-la dans un tiroir, relisez-la dans quelques jours. Si elle vous fait sourire, c’est bon signe. Si elle vous serre le cœur, attendez un peu, et reprenez plus tard sans vous reprocher quoi que ce soit.
Quand vous sentirez que la curiosité l’emporte, vous pourrez regarder à votre rythme ce que propose un site de rencontre senior : on lit, on échange quand on le souhaite, on s’arrête quand on veut.
Le bon moment n’est pas une date sur le calendrier. C’est un petit élan, que vous reconnaîtrez quand il sera là.



