De quoi parler au premier rendez-vous

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Un homme et une femme aux cheveux gris, d’une soixantaine d’années, en vestes vertes et foulards colorés, rient assis sur un banc en automne

La crainte du blanc est fréquente avant une rencontre : « Et si je n’avais plus rien à dire au bout de dix minutes ? » Bonne nouvelle, vous avez une vie entière à raconter, et l’autre aussi. Il suffit de savoir par où commencer.

Voici quelques façons d’engager la conversation, d’entretenir le fil, et de laisser de côté ce qui peut attendre.

Par quoi commencer quand on s’assoit en face de quelqu’un ?

Le plus simple est de parler de ce qui vous entoure : le trajet, le lieu, la boisson qu’on vous apporte. Ces petites choses sont des amorces. Elles laissent le temps aux épaules de se détendre.

Ensuite, rebondissez sur ce que vous savez déjà. Vous avez échangé des messages : une personne a parlé de son jardin, d’un voyage, d’une chorale. Reprenez-en le fil : « Vous m’aviez écrit que vous chantiez, vous êtes dans quel groupe ? » Vous montrez que vous avez lu, et cela fait toujours plaisir.

Quels sujets font naturellement vivre une conversation ?

Beaucoup de thèmes marchent bien à cet âge parce qu’ils appellent des souvenirs et des anecdotes :

  • les lieux où l’on a vécu, le village d’enfance, la région où l’on a travaillé ;
  • les passions : cuisine, bricolage, pêche, couture, lecture, jardinage, musique ;
  • les voyages, même modestes, et ceux dont on rêve encore ;
  • les habitudes de retraité : le club, les bénévolats, les promenades, les repas du dimanche ;
  • les petits-enfants, à condition de ne pas en faire un monologue ;
  • les films, les émissions, les chansons de jeunesse.

Notez que ces sujets parlent de goûts et de plaisirs, non de souffrances. Ils invitent l’autre à partager, plutôt qu’à se justifier.

Comment poser de bonnes questions ?

Préférez les questions ouvertes, qui commencent par « comment », « qu’est-ce qui » ou « racontez-moi ». « Comment avez-vous découvert cette randonnée ? » donnera une histoire, alors que « Vous aimez marcher ? » donnera un oui. Écoutez la réponse, puis rebondissez sur un détail. C’est cette attention qui fait la qualité d’une conversation, bien plus que l’éloquence.

Si vous êtes de nature réservée, vous pouvez préparer à l’avance deux ou trois questions et un souvenir amusant à raconter. Cela rassure, sans que vous ayez à les utiliser toutes. Si vous n’aimez pas parler de vous, notre article se présenter en quelques lignes peut vous donner des idées de phrases.

À retenir : une bonne conversation se partage à parts égales. Posez une question, écoutez la réponse, puis offrez un peu de vous.

Peut-on parler de son passé, de son deuil, de son divorce ?

Oui, mais à petites touches. Il est naturel que l’on évoque son mariage, son épouse disparue ou sa séparation, car ces années ont façonné la personne que vous êtes. Il s’agit simplement de ne pas en faire le sujet unique de la première heure. Quelques phrases suffisent : « J’ai perdu ma femme il y a quelque temps. Aujourd’hui, j’ai envie de nouvelles rencontres. » Pas besoin d’entrer dans les détails.

Si vous êtes veuf, parler de son veuvage lors d’un rendez-vous vous donne des formulations toutes prêtes. Si l’autre personne, de son côté, évoque son histoire avec émotion, accueillez-la sans conseil et sans comparaison. Un silence attentif vaut parfois mieux qu’une phrase.

Et la santé ?

Un mot sur ses petits tracas peut passer, mais si la conversation vire à l’inventaire des ordonnances, mieux vaut changer de sujet. Ce qui est plus sérieux se dira plus tard, quand la confiance sera là. Vous trouverez des repères dans parler de ses problèmes de santé : quand et comment.

Quels sujets mieux vaut laisser de côté ?

Pas de règle absolue, mais quelques sujets échauffent facilement les esprits ou mettent mal à l’aise quand on ne se connaît pas encore :

  • la politique et les opinions très tranchées, à moins que vous ne partagiez déjà un même engagement ;
  • les critiques répétées envers son ex-conjoint, ses enfants ou ses voisins ;
  • les questions d’argent, de patrimoine ou de pension, qui n’ont pas leur place ici ;
  • les remarques sur l’apparence ou l’âge de l’autre ;
  • les confidences très intimes, qui viendront bien plus tard, si elles viennent.

Si l’on vous pose une question trop personnelle, vous avez le droit de sourire et de répondre : « Nous en reparlerons peut-être plus tard. » Une personne attentive n’insistera pas. Si quelqu’un insiste pour connaître votre adresse, votre situation financière ou vos comptes, c’est un signal d’alerte : consultez ce qu’il ne faut jamais communiquer à une inconnue en ligne.

Et si le silence s’installe ?

Un silence n’est pas une catastrophe. Il peut simplement signifier que l’on goûte son thé, ou que l’on réfléchit. Ne vous précipitez pas pour le remplir par n’importe quelle phrase. Attendez un instant, puis reprenez une question que vous aviez gardée en réserve, ou dites sincèrement : « Je suis un peu timide aujourd’hui. »

Ce genre d’aveu simple allège souvent l’ambiance. L’autre sourit, avoue sa propre émotion, et la conversation repart.

Enfin, pensez à regarder la personne dans les yeux de temps en temps, à poser votre téléphone retourné, ou mieux, à le laisser dans votre poche. Ce sont de petites marques d’égards qui comptent beaucoup.

Votre prochaine étape

Choisissez dès ce soir trois souvenirs ou trois histoires que vous aimeriez raconter, et trois questions que vous aimeriez poser. Vous n’aurez peut-être pas à vous en servir, mais vous partirez détendu. Et si le rendez-vous est déjà pris, relisez notre texte sur le premier rendez-vous après 60 ans pour le reste de la préparation.

Pour échanger par écrit avant de vous voir, ce qui facilite beaucoup le premier contact, un site de rencontre senior peut vous aider.

L’essentiel est de rester vous-même : votre curiosité et votre bienveillance feront le reste.

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