Un message vient d’arriver, et il vous a glacé. Quelqu’un avec qui vous avez eu un échange vidéo vous menace, et réclame de l’argent pour que quelque chose ne soit pas montré à vos proches. Le cœur bat vite, les idées se brouillent, l’envie de tout régler tout de suite est très forte.
Respirez. Ce sujet est délicat, nous le traitons sans entrer dans le détail, car il n’est pas nécessaire. Ce qui compte, c’est ce que vous pouvez faire maintenant, et cela tient en quelques gestes simples.
De quoi parle-t-on exactement ?
Il s’agit d’une menace : quelqu’un prétend détenir une image ou un enregistrement de vous, et affirme qu’il le diffusera si vous ne payez pas. C’est un chantage, c’est-à-dire une infraction. La personne qui menace n’est pas dans son droit, et c’est elle qui s’expose à des poursuites, pas vous.
Ces menaces s’appuient sur la gêne et la peur. Elles espèrent que vous agirez vite, dans le secret, sans prendre conseil. Tout notre propos tient donc dans l’inverse : prendre le temps, et en parler.
Que faire tout de suite ?
Dans la première heure, quelques gestes suffisent pour retrouver votre calme :
- Ne payez pas. Un premier versement ne met pas fin aux demandes : il montre au contraire que vous êtes prêt à céder, et d’autres suivent en général.
- Ne répondez plus. Ne négociez pas, n’argumentez pas, ne cherchez pas à faire pitié. Le silence est la meilleure réponse.
- Ne supprimez rien. Conservez les messages, les noms d’utilisateur, les numéros, les liens, les relevés si vous avez déjà payé. Faites des captures d’écran.
- Bloquez la personne sur le site et sur tout autre moyen de contact, une fois les preuves sauvegardées.
- Parlez-en à quelqu’un de confiance. Rien ne remplace une présence humaine à ce moment-là.
À retenir : on ne paie pas, on ne répond plus, on garde les preuves, on porte plainte. Ces quatre gestes suffisent pour commencer.
Où demander de l’aide ?
Rendez-vous à la gendarmerie ou au commissariat, avec vos captures d’écran. Vous pouvez dire en une phrase : « Je suis victime d’un chantage sur internet. » Les agents ont l’habitude et n’ont pas besoin que vous leur racontiez tout dans le détail. Si vous vous sentez menacé de façon immédiate, composez le 17.
D’autres ressources existent pour vous épauler :
- la plateforme internet-signalement.gouv.fr, pour signaler le profil et les contenus ;
- cybermalveillance.gouv.fr, qui explique quoi faire et oriente les victimes ;
- Info Escroqueries, au 0 805 805 817, pour être écouté et conseillé ;
- le 33700, si les menaces vous parviennent par SMS.
Si vous avez déjà versé de l’argent, contactez aussi votre banque, au numéro officiel, pour l’en informer. Notre article victime d’une arnaque sentimentale : les démarches détaille ce volet.
Faut-il prévenir ses proches ?
C’est même l’un des meilleurs moyens de désamorcer la menace. Dès que le secret est levé, la pression perd son levier. Vous n’avez pas à tout expliquer : « Quelqu’un essaie de me faire peur sur internet, je suis allé le signaler » suffit largement. Un proche à qui l’on se confie réagit le plus souvent avec bienveillance, bien plus que vous ne l’imaginez.
Si vous craignez d’être jugé, lisez d’abord sortir de la honte après une arnaque : ce que vous ressentez y est décrit avec beaucoup d’égards.
Pourquoi vos proches vous comprendront-ils ?
Parce que vous n’avez rien fait de mal. Se montrer devant une caméra à quelqu’un que l’on croit sincère n’est pas une faute. Ce qui est répréhensible, c’est la menace. Beaucoup de personnes se sont trouvées dans cette situation, de tous âges, de tous milieux. Vos proches comprendront vite que l’on a abusé de votre confiance.
Et si, au fond, la peur persiste, souvenez-vous d’une chose : les menaces visent à vous isoler. Chaque personne à qui vous vous confiez la rend moins efficace.
Et si la menace revient malgré tout ?
Il arrive que des messages continuent d’arriver pendant quelques jours, sur d’autres adresses ou sous d’autres noms. Cela n’a rien d’étonnant : la personne espère que vous finirez par céder. Gardez le cap. Ne répondez pas, ne payez rien, et ajoutez ces nouveaux messages à votre dossier, avec la date.
Montrez-les à la gendarmerie ou au commissariat, qui les joindra à votre plainte. Il peut être utile de fermer ou de renouveler l’adresse mail et le compte concernés, et de changer vos mots de passe. Un proche peut vous aider à le faire, sans avoir besoin de lire les messages eux-mêmes : il suffit qu’il reste à vos côtés pendant que vous effectuez les réglages.
Si les nuits sont difficiles, c’est normal. Une marche, un appel à un ami, une activité qui vous occupe les mains aident à passer le cap. Votre médecin traitant peut aussi vous écouter, si le sommeil ou l’appétit en souffrent.
Comment se protéger pour la suite ?
Quelques précautions limitent le risque de revivre cette situation :
- avant d’accepter un échange vidéo, prenez le temps de connaître la personne par écrit, et vérifiez la cohérence de son profil (vérifier à qui l’on parle vous y aide) ;
- gardez ces échanges pour des moments où vous êtes à l’aise, dans une pièce neutre de votre maison, et sans rien d’important en arrière-plan ;
- interrompez sans hésiter un appel qui prend un tour qui ne vous plaît pas ; l’écran se ferme en un geste ;
- ne donnez pas de renseignements qui permettent de vous identifier, comme l’explique ce qu’il ne faut jamais communiquer.
Pour bien aborder un appel en toute tranquillité, le premier appel vidéo, mode d’emploi sans stress propose des repères pour rester maître de la situation.
Peut-on encore faire confiance aux appels vidéo ?
Oui. Un appel vidéo reste un excellent moyen de vérifier qu’une personne existe et de faire connaissance. Il suffit de le vivre comme une conversation à la table d’un café : on parle, on sourit, et l’on garde pour soi ce que l’on n’aurait pas montré devant des inconnus. Votre jugement et votre pudeur sont de bons guides.
Votre prochaine étape
Si vous lisez ceci dans l’urgence, faites une seule chose maintenant : enregistrez les messages par des captures d’écran, puis appelez une personne de confiance. Le reste viendra ensuite, avec elle à vos côtés.
Plus tard, quand vous aurez retrouvé votre sérénité, vous pourrez reprendre vos rencontres sur un site de rencontre senior sérieux, en fixant vous-même vos limites.
Vous avez le droit d’être protégé, et des personnes sont là pour vous aider.



